Avec sans
Il y a des jours avec et il y a des jours sans.
Aujourd’hui c’est sans pour moi. Un jour où je me pose énormément de questions sur mon avenir, un jour où tout me gonfle. Mes collègues, mon travail, l’impression de parler dans le vide, ne pas être comprise, l’horrible sensation d’être seule, l’impressiond d’être inutile.
Après deux ans de bons et loyaux services, j’entends un “Tu prends un café et… Ah mais comment elle s’appelle la fille ???”.
Je me retourne, on me montre du doigt. La fille… après deux ans.
Mais si, tu sais bien, le tas qui traine dans le coin, qu’on entend jamais, qui fait bêtement ce qu’on lui demande, qui ne la ramène pas, ce truc toujours en noir, incipide, transparent, incolore, inodore… La fille… Son prénom c’est Hélène. Pourtant avec 8 employés qui se courrent après dans 100 m², c’est quand même pas difficile de retenir un prénom. Et puis d’éviter de désigner sa collègue comme la fille, presque une inconnue, la chose.
Mon boulot me gonfle, la plupart des gens avec qui je bosse aussi. J’ai complétement perdu ma motivation. Ma première boite a réussi à me dégouter de ma passion. Merci beaucoup. Alors je m’enferme dans ma bulle, mon casque sur les oreilles. “You’re only dreaming” chante Sarah. Malheureusement non. Et mon grand-père me manque.




