Je me demande régulièrement pourquoi un blog est si addictif. D’un côté, pourquoi écrire est addictif et pourquoi les lire l’est aussi en quelque sorte.
Je peux essayer de répondre de mon point de vue en tant que rédactrice et lectrice.
Ecrire est addictif parce que c’est un exutoir pour moi. La démarche est la suivante. Je repère un truc cocace, j’ai envie de le commenter, donner mon avis dessus. Jusqu’à il y a bientôt un an, j’en parlais sur des forums mais pas trop encore. Peut-être parce que ce n’était pas un espace personnel et que tout n’y a pas sa place. Par la suite, j’ai découvert cet espace virtuel personnel, mon espace où je peux dire ce que je veux, où rien n’est hors sujet. Et puis il y a des sujets plus personnels qui n’auraient leur place nulle part ailleurs. Pourquoi les écrire sur internet où des inconnus peuvent lire et pas les ranger dans un cahier au fond d’un tiroir ? Peut-être parce que justement, comme on partage, on se sent moins seul en fonction des réactions. Mais en même temps, on est plus exposé… J’avoue que c’est un moyen pour moi de donner des nouvelles à mes proches. Pas comme un coup de téléphone… Mais vous savez, on vous appelle, on vous demande si ça va. Par habitude, on répond oui et puis en fait non. Alors au final, les proches passent à côté de trucs. C’est un moyen de leur parler indirectement. On entendra que c’est une démarche nombriliste. Un nombriliste étalerait-il ses plus grandes faiblesses ? Je ne crois pas.
Et d’un autre côté, qu’est-ce qui fait que vous veniez me lire ? Qu’est-ce qui est si “particulier” dans ma vie pour qu’on lise mes bêtises régulièrement ? Qu’est-ce qui me plait dans les blogs que j’ai sur mon lecteur RSS ? C’est étrange mais les bloggeurs n’ont rien de super héros et n’ont pas forcément une vie trépidante. Tous les billets sont d’ailleurs pas forcément intéressants (alors aujourd’hui je déprime parce que gna gna gna)… C’est différent d’un livre ou d’un film où on attend qu’il se passe quelque chose très spécial (une remontée dans le temps, un tour du monde en 80 jours, des rencontres avec le Dalaï Lama..!). En fait, j’ai l’impression, en ce qui me concerne toujours, qu’on s’identifie un peu à ceux qu’on lit, on partage quelque chose avec eux et on s’attache à nos bloggeurs favoris et qu’on vient sur le blog comme pour avoir des nouvelles.
Bon voilà ma vision des choses. Si vous avez un lien avec une analyse sur la démarche et tout, ça m’intéresse. Et vous, comment voyez-vous ça ? Pourquoi c’est addictif ? Est-ce que par définition, un blog c’est aussi un espace d’échange ? Et est-ce qu’un blog qui n’a pas de lecteurs, de commentaires est un blog mort, un peu comme quelqu’un qui parle dans le vide ? C’est un entrainement pour le sujet de philo du bac 2006.