Paris Web, impressions
Voilà j’ai terminé mon périple parisien consacré au web (standards, CSS, accessibilité, etc). C’était ma première fois, contrairement à Thanh qui est un habitué des lieux, enfin plutôt des conférences.
Dans l’ensemble j’ai trouvé les conférences très intéressantes (et ludiques). J’ai appris des choses et j’en ai révisé d’autres.
Du point de vue de la créa, j’ai trouvé qu’on mentionnait “beaucoup” (tout est relatif mais disons que ça m’a interpellée) de problèmes suite aux designs vendus. Les graphistes baaaaaah. Du coup les intégrateurs en bavent et c’est vrai que souvent, on vend plus au client “une gueule” de site qu’un code propre et accessible. Enfin disons que malheureusement, c’est ce qu’on “voit en premier”. Ca ne veut d’ailleurs pas nécessairement dire que ce qui est réalisé est moche, loin de là. Je parle de contraintes du web, pas de qualité de la créa.
Pour avoir la chance de travailler sur les deux parties dans la réalisation d’un site (créa et intégration), c’est vrai qu’il existe un décalage parfois entre ce que les graphistes font et ce que les intégrateurs doivent faire. Je pense en particulier aux newsletters avec le super moteur de la mort qui tue d’Outlook 2007 et qui est très très contraignant.
Pourquoi ? Parce qu’on récupère malheureusement souvent des travaux de graphistes spécialisés dans le print qui se mettent au web. Et c’est moche à dire mais cémal de s’improviser webdesigner quand on a aucun recul sur les contraintes du web… Des graphistes qui utilisent par exemple Indesign pour produire un design web… Et pourquoi pas Quark Xpress ??? Paye ta compatibilité derrière pour intégrer !
Eh oui, on ne s’improvise pas webdesigner. Pas plus que développeur… Alors la faute à qui ?
Aux écoles ?
La faute aux boites qui veulent faire des économies, surfer sur la vague “web” ? Ah tiens j’ai un graphiste, il m’a fait une plaquette, il va décliner pour le web ??
La faute aux clients qui veulent mettre tous leurs oeufs dans le même panier ? Tiens ma boite de comm propose le print et le web, j’vais tout faire là-bas, c’est plus simple.
La faute à pas de chance ?
Et d’ailleurs, quand on me dit “tu es graphiste”, ça me titille. Non, je ne suis pas (info)graphiste, je suis designer pour le web. D’ailleurs un graphiste ne sait pas forcément dessiner, ça c’est un illustrateur… Donc on peut être graphiste et ne pas savoir dessiner un schtroumph non plus (petit clin d’oeil à Paris Web :P). Et on peut être webdesigner et ne pas savoir dessiner non plus. Enfin il ne faut pas mélanger tous les jobs qui touchent à la créa. Il m’arrive de bidouiller comme infographiste (produire des logos, des plaquettes, des cartes de visite parce que j’ai un peu appris à l’école) mais ça n’est pas mon métier au fond.
Je le répète, on ne s’improvise pas webdesigner sans avoir un minimum de recul sur les contraintes liées au web (que ce soit celles des navigateurs, des webmails, des clients mail etc). D’ailleurs boite de comm n’est pas forcément agence web (oh tiens, deux noms, peut-être deux spécialités différentes, non ?!).
Et malheureusement, du point de vue technique, ce qui nous attend en CSS ressemble plus à du dev qu’au langage “simple” que nous connaissons pour l’instant (quand je dis simple, je ne parle pas du travail de l’intégrateur qui doit jongler avec navigateurs, je parle du langage en lui-même). Je ne jète la pierre à personne, c’est peut-être ce qu’il faut. Mais je ne sais plus avec qui j’en parlais, je pense que l’écart va de plus en plus se creuser entre les différents métiers du web, en tout cas entre les webdesigners et les intégrateurs. Il me semble que l’intégration va devenir de plus en plus un pôle “à part”, avec des compétences très spécifiques, même si l’écart entre les navigateurs au niveau des standards semble de plus en plus se réduire.
Alors quelle est la solution pour éviter les “sauvez un intégrateur, tuez un graphiste” (merci Olivier je crois pour cette jolie phrase) ? Je crois que rien que l’utilisation graphiste en dit long. On parle bien de graphiste et pas de webdesigner. ![]()





Le 15 novembre 2008, fabrice dit :
Tiens, justement, dans mon poste actuel, je fais en particulier du développement léger (débug / annexe) et de l’assistance utilisateur.
Depuis peu, on m’a rajouté une corde à mon arc: j’intègre les designs pourl e web. Et je confirme, les gens qui font les maquettes ne savent pas vraiment ce qui est pratique dans le web, et ce qui ne l’est pas.
Le 15 novembre 2008, Ced dit :
Où peut-on commander les t-shirts “sauvez un intégrateur, tuez un graphiste” ? J’en veux un !
Pour moi un design de site web fait par quelqu’un qui ne connait rien à l’html et aux css sera forcement mauvais.
Le 16 novembre 2008, Oliv G. dit :
Il faudrait une vrai reconnaissance du métier de webdesigner. Aujourd’hui on fait faire du design web à des personnes qui n’ont pas été formées pour ça.
Il y a plusieurs aspects à prendre en compte :
- La maquette tient-elle la route pour une publication purement web ?
- Est-ce que l’agencement des éléments dans la grille sera ergonomique pour l’utilisateur?
- L’intégrateur ne va t’il pas s’arracher les cheveux en voulant commencer son boulot?
Pourtant, je ne suis pas pour la séparation totale des compétences. Lors d’une conférence (le jeudi matin il me semble lors de celle sur l’accessibilité), j’ai cru comprendre qu’il était préférable de cloisonner les compétences. Je pense pourtant qu’il y a des domaines qui peuvent être assez aisément combinés.
Je pense notamment au webdesign et à l’intégration. Je trouve assez pertinent de pouvoir avoir au sein d’une agence une personne capable d’être doué dans ces deux domaines. Il pourra ainsi avoir une vrai vision du process. Ils penseront à la question de l’intégration avant de réaliser leur maquette.
Donc je suis pour une reconnaissance du designer web et pourquoi pas d’un designer / intégrateur web.
Le 16 novembre 2008, Frank Taillandier dit :
Un discours qu’on aimerait entendre plus souvent dans le métier … essayez de faire passer le message à votre niveau s’il vous plaît, à force les mentalités finiront bien par évoluer.
On a déjà réussi à faire progresser l’utilisation des feuilles de styles et constater que le respect des standards améliore le flux de production. On finira bien par mieux former les graphistes du web, l’enjeu est important.
Les possibilités techniques vont évoluer dans le futur et on réussira peut-être à contenter tout le monde : les décideurs, les businessmen, les travailleurs du web et les utilisateurs - s’ils sont mécontents, c’est qu’il y a des choses à changer, écoutez-les.
La chaîne de production s’étoffe et se professionnalise : développeurs, concepteurs, architectes, designers, rédacteurs, référençeurs, ergonomes. Les graphistes se sont pas les seuls à être encore des artisans du web. Après tout le premier navigateur Mosaïc n’est sorti qu’il y a une quinzaine d’années.
Le web est encore un bébé dont il faut prendre soin
Le 16 novembre 2008, giz404 dit :
Ton texte a bien résumé mes deux années de boulot précédentes ou j’ai travaillé comme webdesigner, un poste un peu pivot (design intégration + un peu de dev), ou les gens avaient :
1 - du mal à saisir quel était mon titre et ce que je faisais Ah, alors vous êtes graphiste ? Non. Intégrateur ? Oui mais pas seulement. Développeur ? Non plus. Webdesigner ? Oui, c’est ça. Mais euh, au juste, c’est quoi un webdesigner ?…
2 - des déceptions par rapport aux maquettes que je fournissais.
Etant donné que je m’occupais de l’intégration et de la déclinaison en mini-sites et autres e-mailings, je réfléchissais pas mal lors de la créa, ce qui, forcément, impactait le visuel, moins tape-à-l’oeil que le freelance du coin fraichement improvisé designer web pouvait leur pondre (au format illustrator si possible).
Bref, pas mal de difficultés à faire comprendre les facettes de notre métier à ma hiérachie dans un premier temps, puis à nos clients.
Le 16 novembre 2008, Mystical dit :
Je me retrouve totalement dans ce qui est dit dans cet article et aussi dans le dernier commentaire. Je fais principalement de l’intégration HTML. Le passage de la maquette à l’HTML est souvent une horreur au vu des lubies du graphiste. En plus il y a souvent des modes peu pratiques (ombrages à gogo, blocs à coins ronds par dizaine et tous différents) qui nous font perdre un temps fou. Je fais aussi beaucoup de développement Newsletter et avec le dernier Outlook, c’est une vraie régression en terme de code. Je me tire souvent les cheveux à cause de ça. Bon par contre concernant les termes. Je me dis “infographiste”. Ca permet aux néophytes de comprendre (ou pas).
Le 16 novembre 2008, biou dit :
je plussoie, et c’était bien sympa de vous voir à PW !
Le 16 novembre 2008, izo dit :
Pour l’identité graphique de ma boite, je n’ai pas pris de graphiste. J’ai pris une directrice artistique et la ça change tout parce que elle a été obligé de travailler en symbiose avec moi. ça n’a pas empéché de faire des choix discutables. Mais pour la web, je lui ai donné des contraintes simples et aussi des infos importantes sur le CMS pour qu’elle puisse se lacher dans un cadre bien claire. ^^
Le 16 novembre 2008, Franck dit :
“Et on peut être webdesigner et ne pas savoir dessiner non plus”. Voila qui me redonne espoir
M’enfin amha, il faut avoir quand même un certain sens de l’esthétisme et de l’imagination.
C’est pas évident de faire valoir ce qui n’est pas une double-compétence infographie-codage mais effectivement le design Web, une compétence à part entière.
Enfin, j’ai beau savoir et savoir faire des tonnes de trucs dans plein de domaines, un design réussi, une photo qui s’impose d’elle même, un morceau pop, tout ce que je qualifierais de créativité appliquée, c’est mon Graal.
Quand on touche ça du doigt, on a le frisson là (et là aussi). Ça ne m’arrive pas souvent.
Le 17 novembre 2008, Ziala dit :
ah bravo pour cet article !!
C’est vrai que les clients/commerciaux/chefs de projet (parfois) ne se rendent pas compte que le print et le web sont 2 univers bien différents ! Et qu’on ne peut pas faire pour l’un ce qu’on fait pour l’autre !
Le 18 novembre 2008, Nicolas dit :
Bonjour,
Le métier de designer n’est-il pas surtout celui de concepteur (architecte de l’information, ergonome, etc) ?
Le 18 novembre 2008, la lène dit :
Ca dépend avec qui le webdesigner travaille.
Tout ce qui est zoning ça peut être fait en amont par un ergonome par exemple ou aussi le chef de projet en concertation avec le client. Ca serait l’idéal…
Et le fait que les graphistes se retrouvent en position de concepteur alors qu’ils n’ont pas de recul sur tout ce qui se passe derrière, ça peut aussi poser problème.
Le 18 novembre 2008, Olivier G. dit :
Une conf l’an prochain sur “faire travailler un graphiste sur le web” ?
Le 19 novembre 2008, Stéphane Deschamps dit :
Oh oui oh oui oh oui ! Je plussoie Olivier !
Le 19 novembre 2008, Thanh dit :
Si Hélène le fait, je veux bien être celui qui appuie sur le bouton pour faire avancer les slides.
Le 19 novembre 2008, la lène dit :
AHAHAHAAHAH merci Thanh pour ton soutien et ta collaboration.
Je vais y réfléchir. Il me faut une préparation psychologique pour que j’arrive à parler devant beaucoup de gens !!!
Le 19 novembre 2008, laurence dit :
Ben écoute, je veux bien me joindre à toi pour cette conférence, si tu as besoin d’un coup de main, ou même pour présenter a deux…
Le 19 novembre 2008, Monique dit :
Bonjour,
Je vote pour aussi, à deux mains même !
Un an pour préparer, cela devrait le faire… d’autant plus que, de toute évidence, l’aide et la collaboration ne manqueront pas
Amicalement,
Monique
Le 19 novembre 2008, izo dit :
Pas trop tot …
Le 19 novembre 2008, Benjamin D.C. dit :
Je plussoie également, ça manque de designers tout ça
Le 19 novembre 2008, Damien dit :
Je plussoie tout ce beau petit monde. On veut voir Hélène sur la scène !!
(je pourrais avoir un autographe aussi ?
)
Le 19 novembre 2008, Christophe C dit :
Alors Toi, Chère Geekette, je t’adore dès la première lecture de ton blog !
–> pour être actuellement en pleine sous-traitance d’intégration/routage de e-newsletters pour un gros annonceur qui s’est adressé comme d’habitude à son agence de pub, et pour tenter de faire au mieux face aux designs immontables que l’on nous remet, alors là OUI, cela me fait le plus grand bien de te lire :)) Bis repetita : je t’adore
Le 19 novembre 2008, Florent V. dit :
Moi je dis ya moyen de faire une conf. à deux webdesigners, pour confronter les points de vue.
Le 20 novembre 2008, Thanh dit :
Pour confronter les gens tu as la table ronde. Allez hop, Hélène+Laurence à la table ronde
Le 20 novembre 2008, biou dit :
Vous ne voulez pas faire une mini conf à Luxembourg avant de passer à Paris-Web ? genre devant 50-60 personnes ?
Le 20 novembre 2008, NEOMA Interactive : concevoir le webdéveloppement durable » Graphiste et webdesigner : deux métiers différents ! dit :
[...] le rappelle et l’explique si bien Miss Spontex sur son blog, le métier de graphiste (traditionnellement issu du secteur du ‘print’) et celui de [...]
Le 20 novembre 2008, Romy dit :
Merci pour cet article et avis critique que je n’espérais plus lire ! merci ! merci ! Parce que « Non, je ne suis pas graphiste » et oui « on peut être webdesigner et ne pas savoir dessiner » mais en attendant « Méfiez-vous des “webdesigners” ! » et oui moi aussi je veux le tee-shirt « sauvez un intégrateur, tuez un graphiste » et oui pour une conf l’an prochain sur comment bien « faire travailler un graphiste sur le web » et bienvenue à Paris Web !
Le 20 novembre 2008, Web, je vous dis web » Next Milestone : Paris Web 2009 dit :
[...] Hélène Douchet [...]
Le 21 novembre 2008, Felipe dit :
Oh que tout cela est bien dit!
C’est en effet pas du tout un problème de graphiste mais de ne pas respecter “les contraintes liées au web” et on peut être ergonome, graphiste, intégrateur, développeur et se viander en beauté et faire souffrir ses collègues en ne les respectant pas.
Sur ce, j’ai bien de la chance d’intégrer le travail de graphistes qui sont *aussi* intégrateurs. Ils pensent au(x) suivant(s) dans la chaîne de production.
@laurence: chouette! Y aura-t’il un screaming doudou?
Le 21 novembre 2008, Tsadiq dit :
Fouyouyou tellement vrai tout ca. Etant plutot du côté codeur je me retrouve a devoir intégrer des interfaces pensées par des gens qui font du beau, éventuellement du pratique, mais tellement rarement du web-compliant que j’envisage sérieusement de les envoyer bouler un de ces jours
Je n’ai pas eu la chance de venir à PW mais j’espère bien vous y voir l’an prochain, et je plussoies Biou, un entraînement à Luxembourg s’impose !
Le 24 novembre 2008, Looze Stories » » On ne s’improvise pas webdesigner ! dit :
[...] sont deux métiers bien différents, comme le rappelle la lène, soumis à des contraintes [...]
Le 9 décembre 2008, Nico dit :
Première chose en général quand je reprends un boulot de pur graphiste pour intégrer (quand ce n’est pas moi qui le fait bien sûr, en général un template)… démolition complète des tranches prévue pour du tag-soup Dreamweaver, passage en mode “web-intégration-compliant”, et la moitié des trucs dégagent.
Ensuite, organisation du fichier photoshop… 150 calques, c’est gentil, mais pas pratique, vivent les dossiers.
Au moins, l’intégrateur sera content… autrement dit moi, vu que je suis tout seul, et que je dois tout faire comme un grand !
Le 10 décembre 2008, fx dit :
et il y a une troisième partie qui s’invite dans la (ten)dance… le spécialiste es-ergonomie… cela donne en général de bien beau frittage…
Le 20 mars 2009, Stéphane Deschamps dit :
Bon alors ça y est, tu as proposé un sujet à Paris Web ?
Le 20 mars 2009, la lène dit :
Qui me parle ?! ?!?
Humm hummm
J’ai un mariage à préparer !! ^^
Le 4 mai 2009, Stéphane Deschamps dit :
<lourd>Bon alors ça y est, tu l’as proposé ton sujet ?</lourd>
Le 4 mai 2009, la lène dit :
lol faut que je fasse le point avec Laurence, là je sors tout juste la tête du mariage
Le 21 mai 2009, Olivier G. dit :
Nous n’avons encore rien reçu
Le 21 mai 2009, achille dit :
Il existe donc des webdesigner ?, on est pas obliger de passer 15 jours à expliquer les contraintes web à chaque nouveau graphiste ?, qui du coup se sauve en courant !
Surtout nourissez les bien et faites nous de belles boutures.